4000 mercis !

Pour sa 2e édition, le festival d’art engagé “Syrien n’est fait…” a doublé sa fréquentation. Plus de 4000 personnes sont venues à la rencontre d’une Syrie méconnue et pourtant bien réelle : celle des Syriens qui rient, créent, dansent, dialoguent et s’engagent pour un monde optimiste et fraternel. Expositions, photographies, performances, art visuel, courts-métrages, conférences, théâtre, poésie, musiques traditionnelles et contemporaines… Pas moins de 25 évènements ont animé le site des Grands Voisins, à Paris, tout au long des 5 jours du festival organisé par ASML/Syria et CODSSY, en partenariat avec Souria Houria et Revivre.

 

Un succès inattendu

 

 

« Notre évènement Facebook a recueilli plus de 10.000 likes en à peine 2 semaines. Un tel engouement pour un événement syrien est inédit en France », se réjouit Lucie Zagrad, responsable du projet pour ASML/Syria. Si l’ensemble des 10 000 personnes n’ont pas pu faire le déplacement, ceux qui l’ont fait sont repartis le sourire aux lèvres, la tête pleine de belles créations et le corps heureux d’avoir bien dansé, bien mangé (un grand merci au traiteur Damasquino) ou tout simplement de s’être ouvert l’esprit. Les expositions, conférences et projections de courts-métrages ont fait salles combles, transformant les escaliers en sièges de fortunes et permettant aux maux de laisser place aux mots. « Artistes et associations ont pu discuter, en toute simplicité, avec le public. Nous avons vécu de rares et beaux moments d’échanges et de réflexions. C’est extrêmement encourageant de voir le grand public curieux de mieux comprendre ce que vivent les citoyens syriens », explique Lucie Zagrad.

 

 

Concert-performance de Wael Alkak

Résolument optimiste, le festival a également créé une place de choix pour des musiciens syriens de grands talents tels que Neshama/Wael Alkak et Jundi Majhoul Watar. Des artistes qui ont fait résonner la musique traditionnelle syrienne et contemporaine chaque soir, du hip-hop à l’électro, entrainant le public dans des rondes endiablées. « À l’heure du dernier métro, alors que le site des Grands voisins devait fermer, les gens ne voulaient pas partir. C’était extraordinaire », note la co-organisatrice du festival, qui réfléchit déjà à réitérer l’événement l’année prochaine.

 

 

 

L’Autre, c’est moi

 

Crédit : Sara Kontar >> Dino en pleine installation

Plusieurs performances artistiques ont également conduit le public à s’interroger sur la perception que nous avons du monde et de l’Autre. Parmi les performances les plus remarquées, une cage à oiseau dessinée à même le sol par l’artiste visuel syrien Dino. « Ici aussi, en France, malgré la liberté dont nous jouissons, nous sommes prisonniers de schémas de pensée qui nous brident » explique ce chercheur spécialisé en illusions d’optique. Depuis les arrestations et assassinats par le régime de nombre de ses amis, il s’interroge et interroge ceux qu’ils l’entourent sur ces frontières mentales, sur la place de nos perceptions, leur pertinence et nos capacités à en changer. Pour voir ce qu’il voit, et ce qu’il dessine, pas d’autre choix que de tourner autour de son oeuvre jusqu’à trouver l’angle unique qui dévoile son travail dans son entier, de façon presque subliminale. « Le spectateur devient une partie essentielle de l’œuvre. » explique-t-il. « À l’instar des informations diffusées sur la situation en Syrie, ce que Dino donne à voir n’est que rarement ce qu’il paraît», souligne Lucie Zagrad.

 

Des films tournés en 360°, produits par ASML/Syria et réalisés par des reporters syriens de l’agence de presse syrienne SMART News Agency ont également su toucher le cœur des spectateurs. Visionnés à l’aide de casques de réalité virtuelle, ces courts-métrages réalisés au nord de la Syrie proposent une immersion rare dans le quotidien des civils syriens. Une approche de ce monde étranger qu’aucun discours, jusqu’à aujourd’hui, n’a su égaler.

 

Visite guidée avec le photographe Ahmed Naji

 

 

Et dans un esprit de réciprocité, l’exposition « Carte Blanche » a, quant à elle, dévoilé le regard de 5 photographes syriens sur la Syrie, mais aussi sur la France: Zakaria Abdelkafi, Bilal Alshami, Manar Bilal, Assem Hamsho et Ahmed Naji. Des images fortes, sensibles et artistiques qui ont permis d’ouvrir un dialogue constructif et bienveillant entre le public français et les artistes syriens.

 

 

 

 

 

 

La 3e édition déjà en préparation !

 

« De nombreux Français ont découvert les talents du festival alors que la plupart d’entre eux sont en exil en France depuis plusieurs années », souligne la co-organisatrice du festival. Et d’ajouter : « Cela prouve qu’il y a un espace à prendre et encore de belles choses à faire découvrir ». Fort du succès grandissant du festival, les équipes d’ASML/Syria et CODSSY sont déjà en train de réfléchir à une 3e édition pleine de surprises. « Nous allons élargir nos horizons : proposer de nouvelles activités mais aussi, si possible, programmer la présence d’artistes qui viendraient de plus loin. Nous allons également leur proposer de travailler sous forme de résidences, afin de permettre à des œuvres collectives de voir le jour. » Le public sera, lui aussi, « mis à contribution », mais il est trop tôt pour révéler les prochaines pépites !

 

 

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