Devenir une femme journaliste en Syrie

 

L’Autonomisation des femmes par les médias : qu’est-ce que c’est ?

Ce programme est dédié aux femmes syriennes souhaitant devenir journalistes. Il consiste en une formation complète au journalisme (écrit, audio et vidéo), associée à une sensibilisation aux enjeux relatifs au rôle de la femme (notamment en contexte de guerre), à ses droits, à l’égalité des genres, etc. Son objectif est de favoriser la participation des femmes aux médias syriens, tant comme journalistes, que comme lectrices, et d’accroître les bénéfices qu’elles en tirent.

 

 

Le programme en quelques chiffres

Depuis le lancement du programme en 2017, 124 femmes ont pu bénéficier de la première étape de formation au journalisme in situ. Les formations sur place sont d’une durée moyenne de 85 heures réparties sur 3 semaines (16 à 18 jours de 5 heures de formation quotidienne) : 35 heures de formation écrite, 35 heures de formation audio et vidéo, 5 heures de formation aux réseaux sociaux et 10 heures de sensibilisation à la condition féminine. Celles-ci sont assurées par une équipe constituée en moyenne de 4 formateurs, le plus souvent eux-mêmes journalistes. Afin de permettre au plus grand nombre de femmes d’en bénéficier, le programme prend place dans diverses régions en Syrie (à l’exception des régions contrôlées par le régime syrien ou par des groupes terroristes armés) : Idleb, Kafranbel, Ghouta orientale, Rakka, Al Bab, Amouda et Azaz.

 

 

 

Ayny Aynak, un média par les femmes et pour les femmes.

Site web créé en 2017 dans le cadre du programme Women Empowerment, Ayny Aynak permet aux femmes formées au journalisme de prolonger leur apprentissage aux côtés de notre équipe de formateurs, tout en leur offrant un espace d’expression. Désormais quotidienne, la publication des contenus médias (écrits, audios et vidéos) en arabe, s’adresse en premier lieu aux femmes syriennes, traitant de sujets peu abordées dans d’autres médias. Chaque mois, ce sont ainsi 25 à 50 reportages qui sont publiés sur Ayny Aynak par une équipe allant de 20 à 30 femmes. Si les participantes viennent de diverses régions, elles résident toutes dans des régions syriennes d’opposition (Idleb, Rakka, Al-Bab), parfois déplacées depuis la Ghouta Orientale, Der ez-Zor ou Homs. Ainsi pensé comme une plateforme d’apprentissage, Ayny Aynak ne cesse de se développer et tend à devenir un média à part entière, donnant la parole aux femmes syriennes.

 

Survivors or not yet : revivre après la détention.

La campagne Survivors or not yet est une initiative de Ayny Aynak, soutenue par 17 autres médias syriens. S’étant déroulée du 15 avril au 30 mai 2019, la campagne avait pour objectif de mobiliser et de sensibiliser l’opinion publique – principalement syrienne – sur les conditions de vie des femmes anciennement détenues (lire l’article de Libération et écouter l’émission d’Orient Hebdo). Ainsi, Ayny Aynak a créé un espace pour accueillir les témoignages de ces femmes qui, après avoir survécu à la détention ou à l’enlèvement, sont confrontées à un nouvel emprisonnement : celui de l’exclusion. En tout, 55 femmes ont participé à cette campagne et ont permis la publication et le partage de 81 témoignages. Plus qu’une campagne médiatique, Survivors or not yet a été l’occasion d’initier un mouvement au sein de la société civile syrienne, avec des sit-ins et conférences dans la région d’Idleb et dans le nord du pays.

Vous pouvez retrouver la campagne sur le site officiel : survivorsornotyet.com, ainsi que plusieurs témoignages traduits de l’arabe sur notre site, ainsi que sur Syrie News.

 

 

Illustrations : Manon Photopoulos

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *