Lancement du projet “Journalistes en Danger”

ASML/Syria est fier d’annoncer le lancement de son dernier projet : Journalistes en Danger. Le projet est destiné aux journalistes syriens blessés et consiste à leur apporter un soutien médical et financier afin qu’ils puissent se rétablir et retrouver un emploi.

 

Notre aide s’articule autour de trois axes : leur procurer les soins médicaux nécessaires (opérations chirurgicales, suivi médicamenteux, rééducation, prothèses, etc.) ; fournir une aide financière aux journalistes et à leur famille durant leur période de convalescence ; et enfin les assister dans leur réinsertion ou reconversion professionnelle.

 

En Syrie, la plupart des journalistes ne bénéficient d’aucun secours médical lorsqu’ils sont blessés. Nombreux sont les médias internationaux qui emploient des journalistes locaux, mais ne leur offrent qu’un statut de freelances, souvent sans contrat. Alors qu’ils travaillent en zone de guerre, ces hommes et femmes ne reçoivent ni de formation à la sécurité, ni d’équipement de protection. Alors que la nature de leur métier les oblige à prendre des risques en travaillant au plus près des lignes de front, ils se retrouvent totalement livrés à eux-mêmes en cas de blessure. Ils n’en sont donc que plus démunis face à la violente répression exercée par le régime et les groupes extrémistes à leur encontre – conséquence directe de leur engagement à documenter les exactions commises à l’encontre des civils. Le métier de journaliste en Syrie est l’un des plus dangereux au monde. Depuis le début du conflit, plus de 689 journalistes et citoyens journalistes ont été tués en Syrie selon le SNHR, soit un journaliste tué tous les cinq jours.

 

Notre mission de soutien aux médias et journalistes indépendants en Syrie nous impose de mettre tout en oeuvre pour protéger ces hommes et ces femmes et améliorer leurs conditions de travail.

 

A une époque où l’indépendance des journalistes est constamment remise en question à travers le monde, où le rôle des médias est attaqué dans de nombreux pays, où tous les faits sont transformés en opinion et où les journalistes n’ont jamais autant été déconsidérés, la Syrie est devenue malgré elle un des épicentres de l’effort de désinformation du populisme international. Négation des attaques chimiques, accusation de collusion des Casques Blancs avec Daesh, minimisation des crimes de guerre du régime… Malheureusement, la liste est longue. Dans un tel contexte, nous pensons qu’il est crucial de soutenir les journalistes locaux qui demeurent sur le terrain pour couvrir les événements en Syrie et informer de manière professionnelle et indépendante. Ils sont nos yeux et nos oreilles, mais ils sont également des défenseurs des droits de l’homme et de la liberté d’expression, et ceux qui redonnent voix à la société civile syrienne.

 

Grâce à ce programme, nous souhaitons constituer un réseau de soutien et d’assistance médicale durable pour les journalistes syriens, afin de garantir un environnement de travail plus sûr et encourager les journalistes en devenir à poursuivre leur ambition. Nous voulons également alerter le public sur la situation particulièrement précaire des journalistes syriens et participer à la reconnaissance de leur travail et engagement, essentiels pour l’avenir du pays.

 

 

Omar Dimashqi, jeune citoyen journaliste blessé sur le terrain : “Peut-être qu’un jour je serai capable de continuer ce que j’ai commencé en tant que jeune journaliste en Syrie”.

Omar n’a que 22 ans, mais est citoyen journaliste depuis déjà 6 ans. En octobre 2017, alors qu’il couvrait les événements survenus dans la ville de Hamorieh (province de Damas) aux côtés de Qais al Qadi, un obus est tombé tout près d’eux. Evacué apr la défense civile, Omar subira une opération de 7 heures et 4 jours de coma, avant de reprendre conscience. Son collègue Qais lui, n’aura pas survécu. Devenu handicapé, Omar nécessite une aide permanente durant trois mois. En février 2018, le siège du régime sur la Ghouta orientale s’intensifie et il doit vivre pendant deux mois dans un abris, avant d’être déplacé vers Idleb. L’accès aux soins médicaux est alors plus compliqué à Idleb et sa situation s’aggrave. Bien que le média pour lequel il travaillait lui verse une maigre indemnité mensuelle, aucune assistance médicale n’est prise en charge. Omar a dû cesser son activité de journaliste, n’étant plus en capacité d’exercer, mais garde l’espoir de pouvoir à nouveau travailler en tant que journaliste.

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